Un virus d’origine scientifreak ?

Vous allez rire, mais nous aussi, Pièces et main d’œuvre, nous avons un comité scientifique. Et comme Emmanuel Macron, Greta Thunberg et tout le monde, nous écoutons les scientifiques – ceux qui savent. Que dit notre comité scientifique ? Eh bien, finalement, il est probable (voire un peu plus que probable) que le virus SARS-Cov2 (dit Covid-19) ait bel et bien été manufacturé dans le laboratoire P4 de Wuhan et qu’il s’en soit échappé. Naturellement, quand notre comité scientifique nous a avisé de ses dernières trouvailles, nous lui avons posé des questions et tâché de vérifier ses soupçons. C’est ce que raconte cette enquête, pas à pas, de façon à ce que vous puissiez à votre tour vérifier nos vérifications et vous faire votre propre opinion. Allez, au boulot.

Un virus scientifreak

Entretien avec A., parkinsonienne : « Les traitements du Pr Benabid nous réduisent à une machine »

A. est atteinte de la maladie de Parkinson. On ne peut pas l’ignorer : son bras droit a souvent l’air de danser tout seul. Elle avait l’air furieuse après avoir découvert les travaux d’Alim-Louis Benabid, le professeur qui soigne les parkinsoniens. Nous avons voulu savoir pourquoi.

Pour lire l’entretien :Entretien sur Parkinson

Le « Procès du transhumanisme » : Quand la justice défend l’acceptabilité de la déshumanisation

Le 22 juin 2017 se tenait un étrange procès au Palais de Justice de Paris. Faussement intitulé « Le procès du transhumanisme », il ne jugeait pas le transhumanisme, mais un fait divers futuriste. La mauvaise foi était annoncée dès le titre. Aussi ne fûmes-nous guère surpris par ce procès-fiction visant, sous le masque de la prospective juridique et du débat contradictoire, à acclimater l’opinion à l’idéologie transhumaniste. Quand le droit devient un outil d’enregistrement du fait accompli, à la remorque de l’air du temps technologique. Témoignage.

Témoignage Procès

Fête de la Science : le techno-gratin révèle (enfin) son transhumanisme

Retenez cette date : à l’automne 2017, l’université grenobloise affiche pour la première fois sa connivence avec les fanatiques de l’homme-machine. La Fête de la Science, du 7 au 15 octobre 2017, lui en fournit l’occasion : outre ses habituels ateliers de formatage techno-scientiste ludiques, interactifs et bétifiants (« Pepper, le robot compagnon », « Rob’Air, le ptit nom mignon du robot de l’université »), la Communauté universitaire Grenoble Alpes accueille sur le campus l’Association française transhumaniste (AFT) Technoprog tout l’après-midi du 12 octobre. Non comme invitée, mais comme organisatrice d’un forum intitulé : « Transhumanisme, bonnes pratiques ». Vous avez bien lu. Bienvenue dans nos ateliers « Pour un inhumanisme à visage humain », « Déontologie de l’anthropophobie » et « Vers une fin de l’espèce humaine équitable, durable et responsable ».
(…)

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document : Techno-gratin transhumaniste

J’ai arpenté la Silicon Valley

Voici un reportage exclusif de notre envoyée spéciale dans la Silicon Valley, Annie 2.0.

Qui veut saisir le cours du capitalisme à l’ère technologique doit suivre la méthode de Marx :
« Le physicien, pour se rendre compte des procédés de la nature, ou bien étudie les phénomènes lorsqu’ils se présentent sous la forme la plus accusée, et la moins obscurcie par des influences perturbatrices, ou bien il expérimente dans des conditions qui assurent autant que possible la régularité de leur marche. J’étudie dans cet ouvrage le mode de production capitaliste et les rapports de production et d’échange qui lui correspondent. L’Angleterre est le lieu classique de cette production. Voilà pourquoi j’emprunte à ce pays les faits et les exemples principaux qui servent d’illustration au développement de mes théories. » (Préface de la première édition du Capital, 1867)

La Silicon Valley est aujourd’hui ce lieu classique du mode de production et des rapports de production et d’échange qui lui correspondent. Celui-ci produit d’abord son propre monde, avant de révolutionner l’ensemble des rapports sociaux dans le monde entier pour les formater à l’American way of life. Start-up, Internet, technologies convergentes (NBIC), GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), transhumanisme, etc. Partout en France et dans le monde, des « Silicon Valleys » reproduisent le modèle original avec sa révolution numérique et sa creative class ; chercheurs, ingénieurs, techniciens, cadres. C’est-à-dire la technocratie, la classe de l’expertise et de l’efficacité maximale qui forme avec les actionnaires et les investisseurs (le capital), un alliage indissoluble.

Ainsi les idées que nous produisons là-dessus – nous, PMO – ne tombent pas du ciel ni des livres, mais découlent de l’enquête que nous menons depuis quinze ans à partir de la technopole grenobloise. De la technopole, on extrapole. D’où les liens multiples que nous avons établis à maintes reprises entre la Silicon Valley et la cuvette grenobloise – le « laboratoire grenoblois », la mère de toutes les technopoles en France. (1) Tant mieux si cela percole enfin dans les cervelles les plus étanches. Peut-être lirons-nous des critiques du capitalisme numérique et technologique auquel MM. Hollande, Valls et Macron adaptent la France à marche forcée – à coup de French tech et d’« économie du partage » – au lieu du énième radotage des intangibles et éternelles vérités découvertes au XIXe siècle par les critiques du capitalisme à vapeur.

« J’ai arpenté la Silicon Valley » est notre deuxième reportage virtuel (cf. « J’ai visité Smart City » par Tom 2.0). La méthode est si bien adaptée à son objet, et si bien employée par l’auteur qu’on reste un peu soufflé par son réalisme. Par la quantité et la densité de faits et d’informations recueillis, par le traitement acide et candide qui en est fait. Voilà pour le coup un reportage beaucoup moins bidonné que les pauvretés produites à la va-vite par des esbroufeurs, entre deux avions.

Annie 2.0 est l’avatar d’Annie Gouilleux, traductrice de Lewis Mumford, un auteur critique de la société industrielle (Art et technique, Editions La Roue & La Lenteur). Elle travaille actuellement sur Le Mythe de la machine.

Lire le reportage : J’ai arpenté la Silicon Valley


Les lecteurs qui préfèrent l’écrit à l’écran et qui ne disposent pas d’imprimante peuvent nous commander la Pièce détachée n°72, en envoyant un chèque de 5 € à l’ordre de Service compris :

Service compris
BP 27
38172 Seyssinet-Pariset cedex

NOTES
(1) cf. :
In their own words. Le parallèle entre le Grésivaudan et la Silicon Valley par ceux-là mêmes qui l’ont commis (9 janvier 2003) ;

Quel éléphant irréfutable dans le magasin de porcelaine ? (Sur la gauche sociétale-libérale) (24 avril 2014)

Clinatec, corps-machine, masque humain

Pour lire Clinatec : corps-machine, masque humain, ouvrir le document : Clinatec corps-machine masque humain

Michel Destot, ancien maire socialo-nucléaire de Grenoble, invite son ami Jean Peyrelevade à visiter les laboratoires locaux des technologies convergentes. Jean Peyrelevade, polytechnicien, ancien conseiller du premier ministre Pierre Mauroy (1983, « le tournant de la rigueur », c’est lui), ancien patron d’Etat (Suez, Crédit Lyonnais), mais toujours banquier d’affaires, fréquente les dîners du Siècle, ce club de propriétaires de la République, tout comme Jean Therme, patron du CEA-Minatec et co-fondateur avec le neurotechnologue Alim-Louis Benabid, de Clinatec, « la clinique pour nous mettre des nanos dans la tête ». Alim-Louis Benabid figure sur les listes et dans les comités de soutien à Michel Destot et Geneviève Fioraso (l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche), lors des élections locales. Rien de choquant, ce sont tous des progressistes et des gens de gauche.

Ces progressistes ont un grief envers Eric Piolle, l’actuel maire écolo-technocrate de Grenoble, soupçonné de ne pas avoir pour le Progrès et la Science la dévotion de son prédécesseur. Il ne lâcherait pas autant d’argent public pour financer l’avènement de l’espèce supérieure des cyborgs et des surhommes-machines.

Jean Peyrelevade le pourfend d’une tribune dans Les Echos (à lire ici), le quotidien des affaires et de la gauche progressiste. Intitulée Les Verts et le Progrès, cette diatribe accuse Eric Piolle d’avoir succombé à l’influence anarcho-obscurantiste des luddites de Pièces et main d’œuvre. En pénitence et en signe de repentir, Jean Peyrelevade lui suggère de faire à son tour le pèlerinage de Clinatec, où l’on œuvre aux miracles à venir : les aveugles verront, les paralytiques marcheront, etc.

Nous avons suivi l’injonction de Peyrelevade et nous sommes retournés à Clinatec. Pas en personnes bien sûr. Alim-Louis Benabid nous accuse publiquement d’intentions terroristes (lire Le professeur Benabid victime d’Alzheimer ?) Mais la beauté du monde virtuel, vous savez bien, c’est qu’on peut y trouver des informations qu’on ne trouverait jamais irl (In Real Life), à contempler de pauvres macaques sanglés, charcutés, hérissés d’électrodes et de perfusions.

On y découvre par exemple le plan de communication et les pompes à phynance de Clinatec.
On y découvre les liens – désormais officiels – entre Benabid, Clinatec et les milliardaires transhumanistes de la Silicon Valley. On y découvre l’identité entre le transhumanisme et les technologies convergentes (NBIC). Quant à la banalisation du transhumanisme, elle s’étale dans les medias et dans l’absence de résistance des simples humains, ces animaux dits « politiques ». L’eugénisme technologique est devenu une option à discuter parmi d’autres.

70 ans après la chute de l’hitlérisme, de ses démences de « race supérieure » et de « Reich de mille ans », dont on nous obsède tant ces jours-ci, la prévalence d’un nazisme scientifique dans les laboratoires ne heurte plus que les esprits rétrogrades, au contraire des progressistes, des beaux esprits de la French Theory et du féminisme cyborg, qui y voient le moyen d’en finir avec le corps humain, donné, inné, pour lui substituer une auto-construction en kit. « L’ère de l’homme augmenté a débuté », annoncent Les Echos. Clinatec peut sortir de l’ombre sans risque de trouble d’opinion.

Trois jours chez les transhumanistes

On sait que le « zéro défaut » n’existe pas et que les plus hautes technologies de pointe ont parfois des « dysfonctionnements » aux « effets pervers ». Voici n° 0 67 09 47 011 009, un cyborg – un organisme cybernétique – qui n’aurait jamais dû franchir le contrôle Qualité avant sa mise en service. Un cyborg atteint d’aberration. N° 0 67 09 47 011 009 a la curiosité malsaine du passé humain – de son passé. Ce cyborg assez déréglé pour éprouver des sentiments, peut-être une nostalgie rance, moisie, nauséabonde et pour tout dire réactionnaire de ses origines, convainc son collègue hacker de le télécharger pour un bref voyage dans le passé. Les aléas de l’espace temps en réalité virtuelle l’amènent à assister au premier colloque transhumaniste en France, du 20 au 22 novembre 2014, à Paris, c’est-à-dire chez les pionniers et promoteurs du monde-machine. On a beau dire, le hasard est grand. Et les mémoires numériques presque aussi vastes.

C’est ainsi que grâce au compte-rendu de n° 0 67 09 47 011 009, nous découvrons à la fois les propagandistes du transhumanisme, leurs discours, leurs tactiques et surtout leur idéologie, qui n’est autre que l’idéologie dominante à l’ère des technologies convergentes : soit ce produit des universités américaines répandu sous le label de French Theory.

Suite aux récents massacres, contre les Juifs et contre la liberté d’expression, des amis demanderont « Vous n’avez rien de plus urgent à dire ?… Vu le contexte ?… L’actualité ? » Ellul remarquait que les mass-media technologiques favorisent les réflexes au détriment de la réflexion. Nous traitons ici la véritable actualité, le vrai contexte. Ce que l’historien Fernand Braudel nommait « la longue durée » et sans laquelle les événements immédiats restent mystérieux, si gigantesques et monstrueux soient-ils. Quoi de plus inactuels en apparence que Charbonneau (1910-1996) et Ellul (1912-1994), dans les années trente et quarante ; au vrai temps des fascismes, du stalinisme, de la Grande Dépression, de la guerre, de l’Occupation, etc. Quoi de plus risible que leur « groupe personnaliste du Sud-Ouest », cette équipe de chrétiens « non-conformistes » en randonnée pédestre et intellectuelle, et dont nul ne publiait les livres. Les militants du « concret » et de « l’urgence » s’en tapent encore les cuisses. A tort. Depuis Hiroshima, la cybernétique, l’automation et l’organisation scientifique de la société, leurs analyses ont passé l’épreuve des faits, quand celle-ci pulvérisait celles des « progressistes ».
« Nous sommes des révolutionnaires malgré nous », disent Ellul et Charbonneau. « Aujourd’hui, toute doctrine qui se refuse à envisager les conséquences du Progrès, soit qu’elle proclame ce genre de problèmes secondaires (idéologie de droite), soit qu’elle le divinise (idéal de gauche), est contre-révolutionnaire. »

C’est qu’ils avaient anticipé quelque chose de pire que les totalitarismes politiques : l’homme-machine incarcéré dans le monde-machine rendu possible par l’emballement technologique.
Le fait majeur du dernier siècle, ce n’est pas tel ou tel événement, si atroce et spectaculaire soit-il, c’est – à l’abri des évènements, comme derrière un décor – l’avènement du techno-totalitarisme. L’islamo-fascisme sera vaincu comme d’autres pathologies politiques avant lui. Les drones, les RFID, les implants électroniques, les caméras, la biométrie, les réseaux, les systèmes de pilotage des individus et des sociétés, eux, se développeront de plus belle.

Désormais, et en dépit des sanglants remous de surface, la contradiction principale oppose l’humain (d’origine animale) aux inhumains (d’avenir machinal).

Lisez Ellul. Lisez Charbonneau. Comme disait « Charlie Hebdo » dans les années 1970.

Pour lire le texte : Trois jours chez les transhumanistes