5G : avis aux opposants sur les luttes de pouvoir au sein du parti technologiste

Nécrotechnologies

par Pièces et main d’œuvre.

Depuis quelques semaines, tous les courants technologistes – libéraux, socialos, écolos – tentent de tirer parti d’un sujet qu’ils avaient jusqu’ici méprisé : la critique de la 5G. La mise en scène d’un pseudo clivage entre « progressistes » et « Amish » n’ayant d’autre objet que la valorisation mutuelle des factions en lutte pour le pouvoir au sein du parti technologiste.
Qui des ingénieurs EELV, des saint-simoniens macroniens ou des saint-simoniens communistes, programmera les algorithmes de la « transition écologique » et de la « Machine à gouverner » ?

S’ils ont tiré les leçons des échecs précédents, les opposants sincères à la 5G et à la déshumanisation refuseront de brader leur légitimité « historique » et « de terrain » à leurs ennemis technologistes, contre un plat de lentilles médiatique. Les écolo-socialistes, rouges-verts, les Piolle & Ruffin si vous voulez, y gagneraient la direction publicitaire et flatteuse d’un mouvement qu’ils dévoieraient vers les sables mouvants des « moratoires » et des « conférences citoyennes », en attendant de les rabattre vers les urnes aux prochaines élections.
Quel intérêt auraient ceux qui tirent à la fois leurs carrières, leur légitimité et leurs postes du système technicien à poser en termes véridiques la question de sa survie ?

Pour lire le texte intégral :

Charbonneau contre l’Etat totalitaire (entretien avec Jean Bernard-Maugiron)

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par Pièces et main d’œuvre.

Les éditions R&N viennent de publier le livre majeur et maudit de Bernard Charbonneau, L’Etat (550 p., 30 €, préface de Daniel Cérézuelle), écrit entre 1943 et 1949, et ayant subi à peu près toutes les avanies que peut subir un chef-d’œuvre méconnu – sauf la disparition définitive.
Jean Bernard-Maugiron, animateur du site La Grande Mue, à qui l’on doit cette parution, présente cet ouvrage et son auteur dans notre entretien à lire ci-après.

Il faut dire que Charbonneau (1910-1996) n’a pas de chance. Parce que son nom compte trois syllabes, on dit toujours « Ellul & Charbonneau », alors que son ami de toute une vie a toujours proclamé sa dette et son admiration envers son génie.
Ce n’est d’ailleurs pas de chance pour nos deux libertaires gascons, apôtres du « sentiment de la nature, force révolutionnaire » (Charbonneau, 1934), que d’entamer leur trajectoire critique au moment où leur aîné, Jean Giono, auteur culte du « retour à la terre », multiplie entre 1929 et 1939 les ouvrages anarcho-pacifistes et anti-industriels. Mais quoi, sans Chateaubriand, pas de Victor Hugo.
La suite, la Seconde Guerre mondiale qui débute avec des charges de cavalerie et se termine par des bombardements atomiques, l’avènement de la machine à gouverner cybernétique, l’expansion économique et la destruction de la nature, relève de notre malheur commun.

Ce qui est singulier, c’est l’irréductible détermination de Charbonneau à vivre contre son temps, petit prof binoclard réfugié dans son coin de campagne, et à nous envoyer coûte que coûte ses messages, qui nous arrivent peu à peu avec un demi-siècle de retard. Circulaires à la machine à écrire photocopiées, auto-éditions invendables, éditions invendues, chroniques dans la presse écologique et de plus en plus, maintenant qu’il est mort depuis 24 ans, de vrais livres chez de vrais éditeurs.

Le temps de Charbonneau est venu. Trop tard évidemment. Si une partie du public écologiste et anti-industriel le lit désormais, c’est que sa lucidité enragée et solitaire n’a pu empêcher, ne pouvait empêcher, cette destruction conjointe de la nature et de la liberté que nous subissons maintenant. Quand une pandémie issue du ravage des forêts autorise la Machine étatique à traquer ses machins citoyens par des moyens électroniques, et à les reclure à domicile, chacun peut voir où va le monde. Reste à comprendre comment cela est arrivé, et à démonter avec Charbonneau les ressorts de l’Etat totalitaire.

Le virus de la contrainte

Nécrotechnologies

par Pièces et main d’œuvre.

Voici nos derniers rapports sur les événements en cours (à ouvrir ci-dessous). D’abord, une analyse théorique de la société de contrainte, puis une illustration d’actualité à partir de l’état d’urgence sanitaire et de la mise en place de la traque électronique.

Il se dit beaucoup ces jours-ci que la première victime d’une guerre – y compris d’une guerre sanitaire -, c’est la vérité (merci Kipling). Aussi, nous en apprenons chaque jour davantage sur les opérations du Virus.
En janvier, nous avions pitié des Chinois incarcérés par leur technocratie et traqués par des moyens technologiques. En avril, nous sommes tous chinois.
Gouverner, c’est mentir.
Gouverner, c’est contraindre.
Et ce qui nous est communiqué par la Voix des Ondes derrière le masque du Virus, ce sont les ordres de nos experts, scientifiques et technocrates.

L’épidémie, la vraie, c’est la peste numérique dont les puces électroniques sont le vecteur, et qui saisit l’occasion pour nous réduire à l’état de numéros esclaves. De machins dans la machine. Le virus, le vrai, c’est celui de la contrainte technologique, qui trouve un terrain d’autant plus favorable dans le désir de prise en charge de ceux à qui la liberté pèse trop lourd.

Il se dit aussi que les zéros sociaux murmurent sur les « réseaux sociaux » : ce sera pire après.
Ce n’est pas de manière virtuelle que les zéros sociaux, physiquement dispersés par l’urgence sanitaire, peuvent résister à la contamination numérique.
Ce n’est pas sur les réseaux sociaux qu’un peuple physiquement dispersé par l’épidémie d’autorité peut résister au coup d’Etat permanent de la technocratie dirigeante.

Numéros zéros ! il ne tient qu’à vous de briser vos chaînes numériques. Fuyez les « réseaux sociaux », jetez vos smartphones, refusez le puçage électronique (notamment les compteurs Linky), boycottez Amazon et la consommation virtuelle !

1) Ville-machine et société de contrainte

2) Le virus de la contrainte

Lire aussi :

Leurs virus, nos morts

Les idées, disons-nous depuis des lustres, sont épidémiques. Elles circulent de tête en tête plus vite que l’électricité. Une idée qui s’empare des têtes devient une force matérielle, telle l’eau qui active la roue du moulin. Il est urgent pour nous, Chimpanzés du futur, écologistes, c’est-à-dire anti-industriels et ennemis de la machination, de renforcer la charge virale de quelques idées mises en circulation ces deux dernières décennies. Pour servir à ce que pourra.

Pour lire la suite : Leurs virus, nos morts

Alertez les bébés !

Objections aux progrès de l’eugénisme et de l’artificialisation de l’espèce humaine

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par Pièces et main d’œuvre.

Ce mois d’octobre 2019 verra donc l’enregistrement légal par le parlement français – sauf chute d’une comète sur le Palais Bourbon – d’un coup de force élargissant à toutes les femmes, fertiles ou stériles, seules ou en couple (ou en « trouple », ou en troupe, etc.), l’accès à la fécondation in labo, prise en charge par une équipe médicale et par la sécurité sociale.
Ce succès, dû à une convergence de mouvements, ne s’arrêtera pas là.
Nous qui ne sommes ni croyants, ni catholiques, ni de droite (ce qui n’aurait rien d’infâmant), mais de simples chimpanzés du futur, athées, libres penseurs, anti-sexistes, écologistes radicaux, luddites, etc. – comme la plupart de nos lecteurs – exposons à cette occasion les raisons de notre opposition, à toute reproduction et modification artificielles de l’humain.

Que ce soit pour les homos ou les hétéros, seuls ou en couples, avec ou sans père. C’est clair ?

Et pour que ce soit encore plus clair, nous le faisons avec des femmes, des féministes et des lesbiennes. Celles du Feminist International Network of Resistance to Reproductive and Genetic Engineering, par exemple, qui, dès les années 1980, combattait les « technologies déshumanisantes » et le génie génétique et reproductif, « produit de développements scientifiques qui considèrent le monde comme une machine. »

L’insémination artificielle des femmes – artisanale ou médicale – pratiquée depuis le XIXe siècle, préservait encore le hasard de l’engendrement. A l’inverse, avec la fécondation hors corps et le tripatouillage de gamètes dans une boîte de Petri, la reproduction biologique devient une production artificielle, dont le vivant est la matière première.
Depuis les années 1970, les médecins ont de leur propre chef appliqué ces procédés aux femmes stériles puis aux fertiles. Ils trient les gamètes, sélectionnent les embryons. Déjà, ils modifient les génomes à l’aide des « ciseaux génétiques » CRISPR-Cas 9. En clair, ils élaborent des hommes « augmentés » (transhumains, posthumains, etc.), ayant bénéficié de leurs traitements ; et donc des sous-hommes, des « chimpanzés du futur », ceux dont les parents auront refusé ces traitements ou n’y auront pas eu accès. Retour de l’« hygiène de la race » et de l’eugénisme décomplexé. Et vous, aurez-vous des enfants ? « Augmentés » ou ordinaires ? Posthumains ou chimpanzés ? Par les voies naturelles ou artificielles ?

La loi de bioéthique votée en 1994, autant violée par les médecins, qui repoussent toujours plus les limites de leurs prouesses, que par les « parents d’intention », adeptes du « tourisme procréatif » afin de contraindre l’Etat à ratifier leurs transgressions, en est à sa troisième révision. En attendant que la quatrième ou cinquième révision de cette loi bio-élastique n’étende également l’accès à la reproduction artificielle aux couples d’hommes et aux hommes seuls.

Nous protestons donc, en tant qu’humains ordinaires, membres de l’immense majorité de l’espèce, dotés depuis nos origines de facultés de reproductions naturelles (libres, sexuées, gratuites – et parfois défaillantes), contre l’instauration de ces procédures artificielles (technico-marchandes), et contre la destruction et l’appropriation de nos droits reproductifs, aux mains des biocrates. Nous protestons contre notre stérilisation technologique et sociale au profit de l’espèce supérieure des inhumains génétiquement modifiés.

Nous sommes nos corps. Nous, humains ordinaires, animaux politiques et chimpanzés du futur. Nous voici donc en état de légitime défense. Sommés d’agir ou disparaître.

Que si nous disparaissons, la victoire des plus aptes se révélera sans avenir. Le contrat techno-social est un marché de dupe. Croyant s’affranchir, l’homme-machine s’asservit. Croyant dominer, il obéit. Quand on utilise les moyens technologiques, on donne le pouvoir aux technocrates. Quand on utilise les moyens biotechnologiques, on donne le pouvoir aux biocrates. Quand on se repose de soi et de tout sur la Mère-Machine, on donne le pouvoir à la Mère-Machine.

***

Sommaire : 1- L’hypocrisie sélectionniste. 2- Extension de l’eugénisme. 3- De l’enfant artificiel à l’espèce artificielle. 4- La fabrication plutôt que la naissance. 5- Droiche-gaute : le faux clivage qui masque les vrais. 6- Découvrons le complot hétéro. 7- La reproduction sans homme, une augmentation transhumaniste. 8- Eliminer l’humain pour éliminer l’erreur. 9- Le fait accompli comme contrat social : le droit du plus fort. 10- La liberté de disposer d’un corps obsolète. 11- Au-delà des limites : transformation du désir en droit (mon désir sera ta loi). 12-Mère-Machine s’occupera de tout (maternage et infantilisme technologiques).
Glossaire : Novlangue de la reproduction artificielle.

(Si certains passages vous donnent une impression de déjà-lu, c’est normal. Ceci est une version réduite, augmentée, revue, corrigée et mise à jour de Reproduction artificielle « pour toutes » : le stade infantile du transhumanisme, publié en juin 2018.)

Pour lire le texte intégral : Alertez les bébés

Pour lire le texte sur papier, demander la Pièce détachée n°89 : envoyer un chèque de 5 euros à l’ordre de Service compris :
Service Compris – BP 27 – 38172 Seyssinet-Pariset cedex

Lire aussi :

- « Le projet Manhattan de reproduction »
- « Le fil rouge : des théories de Galton aux sondes d’ADN « 
- « La fabrication des humains »

Du « transidentitaire » à l’enfant-machine : entretien avec Fabien Ollier

A l’occasion de la parution de son livre, L’Homme artefact. Indistinction des sexes et fabrique des enfants (Editions QS ?) voici un entretien avec Fabien Ollier, précédé de rappels et considérations sur le sujet.

Fabien Ollier publie des ouvrages de critique de l’idéologie sportive (entre autres) depuis 20 ans. Il dirige les éditions Quel Sport ? et suit de près toutes les métamorphoses du corps-marché à l’ère technologique.

Ouvrir le document :  Entretien avec Fabien Ollier

Lire aussi : Retour ligne manuel
- Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme, Pièces et main d’oeuvre (Editions Service compris, 2017) ; Retour ligne manuel
- Reproduction artificielle « pour toutes » : le stade infantile du transhumanisme Retour ligne manuel
- Ceci n’est pas une femme (à propos des tordus « queer ») Retour ligne manuel
- La reproduction artificielle de l’humain

Reproduction artificielle « pour toutes » : le stade infantile du transhumanisme

Le 18 janvier 2018 s’ouvraient les « Etats généraux de la bioéthique » organisés par le Comité consultatif national d’éthique – prélude à la troisième révision de nos lois de bioéthique depuis 1994. Plaisante éthique, soumise à la perpétuelle fuite en avant technologique et aux desiderata des consommateurs rendus possibles par ces progrès.

Le grand sujet cette fois, c’est la reproduction artificielle de l’humain (PMA), qu’il est question d’autoriser aux femmes seules et aux couples de lesbiennes. Autorisation d’autant plus probable que Macron, le « président des très riches » accusé de mener une « politique de droite », a besoin paraît-il d’ »envoyer des signaux à la gauche ». De préférence, sans impact budgétaire.
Comme en 2013, lors de la légalisation du mariage homosexuel, le sociétal fait diversion et remplace le social.

Aujourd’hui comme alors, nous saisissons ce symptôme d’actualité pour remonter à la cause et à la racine profondes : la machination et la
marchandisation de la procréation pour les homos comme pour les hétéros.
Ce texte est une mise à jour de ce que nous disions alors avec Alexis Escudero (La Reproduction artificielle de l’humain), et que les quatre dernières années n’ont fait que vérifier.

Certains diront que la fracture passe entre gauche et droite. Mais le fait majeur de l’époque, le putsch technologique permanent, périme pour l’essentiel cette distinction. Macron, après Hollande et Sarkozy, et comme l’auraient fait Fillon, Mélenchon ou Le Pen, investit dans l’innovation et les technologies de déshumanisation : intelligence artificielle, nanotechnologies, génie génétique, neurotechnologies.
Le stade actuel du progrès technologique et de la croissance économique, objectifs communs de la droite et de la gauche, se nomme l’homme « augmenté » – le transhumanisme. Le choix qu’on nous laisse ? Renoncer à notre humanité pour devenir posthumains, ou sombrer dans l’espèce moribonde des Chimpanzés du futur. Disparaître ou disparaître. On voit l’importance du débat sur les « modèles familiaux » à côté de cette rupture anthropologique.
On voit surtout comment les idéologues et scientifiques transhumanistes prennent en otages certains groupes (certains activistes LGBT et certaines féministes, certains hétéros stériles et certains handicapés), comment ils s’en servent, tantôt comme boucliers humains, tantôt comme chevaux de Troie pour avancer leur agenda.

L’offensive transhumaniste trace le front principal de notre temps, qui oppose désormais les humains d’origine animale aux inhumains d’avenir machinal. Le mode de reproduction est un enjeu central, en ce qu’il détermine la poursuite de l’histoire naturelle collective ou la prise en main de l’évolution par la technocratie.
Aussi, nous, qui tenons à notre humanité errante et faillible, hasardeuse et imprévue, et si limitée, refusons-nous la reproduction artificielle de l’humain et ses progrès.

Pour lire le texte intégral :Reproduction artificielle « pour toutes »

Ecrasons l’infâme

Le culte de la Mère Machine et la matrice religieuse du transhumanisme

Bien des gens s’imaginent, pour s’en réjouir ou s’enrager, que les religions dites « traditionnelles », et tout d’abord l’église catholique, s’opposeront aux menées transhumanistes, perçues comme une concurrence des vieilles confessions. Ainsi Luc (« Averell ») Ferry dans La Révolution transhumaniste. Les promoteurs du transhumanisme se flattent de discréditer leurs opposants en les réduisant au caractère supposé « réactionnaire » de l’église et des croyants. Ellul, Bernanos, Illich, hein, tous des obscurantistes.

Ce texte revient sur l’activité de phagocytage déjà à l’œuvre parmi les scientifiques chrétiens pour produire une synthèse du dogme et de leur projet, dans la lignée de Teilhard de Chardin, en vue d’emporter le soutien de l’église. De fait, l’encyclique Laudato Si, reçue comme une divine grâce par les écolos-cathos, laisse la porte ouverte aux interprétations transhumanistes de la Genèse et de Paul de Tarse.

Nous verrons avec Pierre Musso que La Religion industrielle s’incarne dans les monastères du Moyen Âge, avant de se transformer en manufactures puis en usines, cependant que l’efficacité évince la figure divine, et que le christianisme rationalisé et laïcisé laisse la place au saint-simonisme, la religion des réseaux.

D’où de nécessaires réflexions. Peut-on imaginer une communauté 1) Sans langage commun pour communiquer entre communiants/communicants ? 2) Sans religion commune (fut-elle rationaliste et athée) pour relier ses fidèles ? Que si les critiques du langage et de la religion sont les préalables à toute critique, comment peuvent-elles agir sans dissoudre la société qu’elles critiquent ? La critique du langage et le langage de la critique, énoncés par les individus « asociaux », « autonomes », peuvent-ils permettre la communication avec les masses sursocialisées ?

Tandis que Saint-Simon, Marx, Durkheim, Freud, Mark Zuckerberg et quelques autres en débattent, voici qu’émerge la religion réellement existante de notre temps  : le culte de la Mère Machine, issu du besoin infantile de fusion avec le Grand Tout. La négation de tout ce qui n’est pas Moi. La volonté de puissance poussée jusqu’à la mort.

Pour lire le texte, ouvrir le document :Ecrasons l’infâme

Lire aussi :Retour ligne automatique
Entretien avec Pierre Musso, par Pierre Thiesset

Écouter : Retour ligne manuel
- Extraits de la conférence-débat le 10 novembre à Mons-en-Baroeul

- Conférence-débat à la Librairie Tropiques (Paris)

M. Picq fait de la prospective

Au cas, toujours possible, où vous auriez eu envie de lire le dernier livre de Pascal Picq (Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots. Odile Jacob, 2017), laissez tomber, on l’a fait pour vous, et franchement, ce qu’on a fait là, aucune bête ne l’aurait fait. Mais bien sûr, vous n’êtes pas obligé de vous fier à notre recension et vous pouvez juger par vous-mêmes (330 p et 22€90, tout de même. On vous aura prévenus).

Ethologue et paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France, Pascal Picq fait partie de ces vieux mâles plastronnant dans leur territoire académique, tel Michel Serre, Axel Kahn & Jean-Didier Vincent, que leur expertise réelle ou postiche dans leur mince champ de recherche, autorise à pérorer avec plus d’aplomb que le commun des penseurs et des plombiers sur les affaires du monde.

Sa première phrase, « Les grands singes auront disparu d’ici 2050 », d’un détachement et d’une factualité glaçante donne le ton. Pascal Picq n’est pas de ces chercheurs suspects d’une empathie déplacée avec l’objet de leurs recherches. Ni passéisme fixiste, ni nostalgie réactionnaire. M. Picq, paléochnoque, a tellement peur de ne pas être un bon postmoderne.

330 pages de propos de table où les citations de son auteur favori (Pascal Picq) reviennent 42 fois et, tout de même, une leçon, une obsession, une injonction : il faut s’adapter. Aux robots, à l’intelligence artificielle, au-monde-qui-bouge, avec in fine des accents transhumanistes. Seuls les aptes survivent.
Loin d’être le rebelle et le tartarin prométhéen qu’il s’imagine, Pascal Picq est un propagandiste de la soumission. On connaît le proverbe américain, « If you can’t beat them, join them. » (« Si vous ne pouvez les battre, ralliez-vous à eux »). Version sarcastique, à propos du viol, « if you can’t prevent it, try to enjoy it. » (« Si vous ne pouvez l’empêcher, tâchez d’en jouir. ») C’est bien ce que nous enjoint de faire ce grand singe de Pascal Picq. Où Darwin et le darwinisme servent de caution scientifique à un discours de reddition.

Notre recension : M. Picq fait de la prospective