« Le transhumanisme, c’est l’humanisme en mieux »

Nous avons reçu un texte “musiqué”, comme dit son auteur, Bernard Lortat-Jacob, ancien ethnomusicologue au Musée de l’Homme et Chimpanzé du futur. 


Bernard Lortat-Jacob a passé sa vie à l’étude des musiques populaires et rurales de la Méditerranée. Ce n’est pas une chanson sarde ou berbère qu’il a choisie pour mettre son texte en musique, mais l’Adagio lamentoso de la 6e symphonie de Tchaïkovsky, dite “la Pathétique”.

Choix judicieux pour évoquer le transhumanisme, ses promesses funèbres pour un monde salopé et des humains sans goût. 

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Pass numérique : rassemblement de soutien aux bibliothécaires grenoblois en grève le 1er septembre à 17h

Nécrotechnologies.

par Pièces et main d’oeuvre.

Depuis l’instauration d’un QR code discriminant les individus selon leur statut virologique, à la chinoise, peu de professionnels de la culture ont dénoncé ce progrès de la contrainte numérique et encore moins ont refusé d’obtempérer. Certains ont un temps contourné la règle avec des jauges de moins de 50 personnes – tactique aussitôt interdite par le gouvernement.

Aussi faut-il saluer le refus clair et public de bibliothécaires de plusieurs villes de France, dont Grenoble, en grève contre le QR code. « Ce pass induit, de fait, une notion de contrôle et de filtrage à l’entrée des services, en totale contradiction avec les valeurs fondamentales que nous défendons : un service public en accès libre, gratuit, ouvert à tous et toutes, sans discrimination et sans justification de l’usage qui en est fait », écrit l’Association des bibliothécaires de France.

Le décret sur le « pass sanitaire » impose le QR code aux usagers et aux salariés des bibliothèques, à l’exception des bibliothèques universitaires, spécialisées, de la Bibliothèque nationale de France, et du public venant pour « motifs professionnels » et « à des fins de recherche », qui n’est jamais contagieux. A compter du 30 septembre 2021, les enfants de 12 ans et plus devront également présenter leur code-barre 2.0.

A Grenoble, où sept bibliothèques municipales sont en grève reconductible depuis le 24 août 2021, la municipalité technologiste d’Eric Piolle pratique à son habitude le double langage. Dans la presse et les meetings de campagne électorale, le maire se déclare opposé au pass sanitaire. Dans la vie, ses services menacent de sanctions disciplinaires les bibliothécaires refusant de contrôler les usagers.

Au fait, à quoi sert le QR code dans une bibliothèque ? A mélanger, sans masque (son port est supprimé dans les lieux soumis au QR code) ni jauge, des gens vaccinés possiblement contagieux avec des gens non vaccinés et non contaminés. Quelle différence, d’un point de vue sanitaire, avec un accueil ouvert à tous, masqués et en nombre limité selon la surface, comme c’était le cas jusqu’ici ? Aucune, vous diront les épidémiologistes, qui n’ont d’ailleurs jamais détecté de foyers de contamination dans les bibliothèques.

Ce tri sélectif n’a évidemment pour seule fonction que de contraindre les rétifs à la vaccination et d’habituer les Smartiens à être scannés pour chaque acte quotidien dans la smart city. A troquer toujours plus leur liberté contre une prise en charge machinique et autoritaire.
Même la présidente de la très conciliante CNIL concède que « l’institution d’un passe sanitaire pose des problématiques de vie privée et de protection des données à caractère personnel [et] porte, plus globalement, atteinte à d’autres libertés et droits fondamentaux que la CNIL n’a pas pour vocation première de protéger : la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre, l’égalité de traitement des personnes ou encore la liberté de consentir à un traitement médical ou à subir un acte médical » (Audition devant le Sénat, 21/07/21). Si la CNIL le dit.

A quand une grève générale des « travailleurs de la culture » contre la traque numérique ?

Les bibliothèques permettent la circulation virale des idées, du savoir, de la pensée. Ouvrons-les à tous !

Un rassemblement de soutien aux bibliothécaires en grève aura lieu mercredi 1er septembre à 17h devant la bibliothèque du centre-ville de Grenoble (Maison du Tourisme).

Pièces et main d’œuvre
Grenopolis, le 28 août 2021

Lire aussi :

 La technocrature jette le masque
 Contrainte numérique : des sénateurs lâchent le morceau
 « Parle à mon cul, Herr Kode ! » Nos vies, décidément, sont ailleurs.

Riss : auto-caricature de l’artiste en technocrate

Faits divers.

par Pièces et main d’oeuvre.

Il y a des semaines où Charlie Hebdo nous coûte bien plus que 3 € ; quand Riss par exemple, le directeur de la rédaction, nous insulte dans son édito, nous les opposants à la technocrature et au passe sanitaire (1), en termes massifs et contondants, comme dans le numéro de cette semaine :

« … la raison impose de ne pas sombrer dans une pensée systématique qui analyse tout de la même façon, de manière quasi pavlovienne : Etat = autorité = abus de pouvoir = répression = fascisme. Les amalgames et les raccourcis sont si séduisants à faire qu’ils en deviennent grisants, et celui qui les adopte se sent pousser les ailes d’un glorieux défenseur de la liberté contre les forces colossales et, à ses yeux, quasi occultes. Car dans cette crise le mot « liberté » est mis à toutes les sauces, un mot pris en otage par les populistes, dont les leaders en perte de vitesse se sont affichés à la manifestation de samedi. » (Charlie Hebdo n°1513, 21 juillet 2021)

Il y a des semaines, disions-nous, où la lecture de Vuillemin, Willem, Kuper et Nicolino, peine à soulager les lourdeurs d’estomac parfois ressenties à celle des balourdises homaisiennes de Riss, Biard ou Fischetti. « Homaisiennes », de monsieur Homais, le pharmacien de Yonville, archétype de l’« esprit fort » à prétentions rationalistes dans Madame Bovary (1857), et de la vanité scientiste imbue d’elle-même. Voilà qui fera ricaner la cabale des dévots, d’Edwy Plenel à Caroline de Haas – il ne faut plus dire « islamo-gauchistes » – en passant par Mélenchon, Besancenot & Cie. – Bien fait, diront-ils, ça vous apprendra à acheter un torchon islamophobe – il faut dire « islamophobe » maintenant, et non plus « laïque » ou « anti-clérical ».
A vrai dire, on n’achetait plus Charlie Hebdo depuis le mitan des années 70 et il n’a pas fallu moins que le massacre de janvier 2015, le massacre d’une équipe de presse par des islamo-fascistes pour recommencer à l’acheter : chaque semaine.

3 € par semaine, ce n’est rien pour contribuer à la sécurité des survivants de Charlie, payer les gardes, le blindage des locaux – que sais-je ? Ce n’est rien pour racheter l’immonde veulerie de la gauche, modérée, extrême, ultra, etc., de cette gauche dont se réclament Riss, Biard, Fischetti, etc., et qui les a si vilement livrés à la vindicte islamiste. Riss, Biard, Fischetti, Nicolino et leurs camarades n’ont pas abdiqué l’honneur d’être la cible des islamo-fascistes, soutenus par les islamo-gauchistes. 3 € par semaine, ce n’est rien pour contribuer à la survie du seul journal qui défende la laïcité en France et qui donne la parole aux athées, laïques, féministes des pays islamistes. 3 € par semaine, ce n’est rien pour permettre à Riss de nous insulter à sa guise, sans savoir, fièrement immunisé contre toute critique radicale de la société industrielle et du techno-totalitarisme. Quitte à se planquer derrière Nicolino, comme Cavanna se planquait derrière Pierre Fournier (2). Quitte à émettre quelques bouffées sporadiques contre le smartphone, la 5G ou les fumées de Lubrizol. Il ne voit rien et commet les amalgames dont il accuse les opposants au passe sanitaire :

« Chaque jour dans le monde, des milliers de cadavres viennent s’empiler sur ceux qui les ont précédés, et il faudrait refuser la seule protection efficace que constitue ce vaccin sous prétexte qu’il aurait l’inconvénient de devenir obligatoire ? (…) On n’ose imaginer les décisions terribles que les pouvoirs publics devront prendre dans les années à venir quand les effets du réchauffement climatique frapperont avec une violence inouïe les populations du monde. Le pass sanitaire est bien peu de chose à supporter en comparaison de ce qui nous attend. » (Charlie Hebdo n°1513, 21 juillet 2021)

« Ce qui nous attend » est inéluctable, suivant notre collapsologue, et qu’on ne compte pas sur lui pour combattre « les décisions terribles que les pouvoirs publics devront prendre dans les années à venir. » Mais voici deux cent ans, depuis la « révolution thermo-industrielle » en 1783, que « les pouvoirs publics (…) prennent des décisions terribles », dont les effets, tels que l’épidémie de Covid (3) et le réchauffement climatique, nous frappent maintenant, depuis des années, et de plus en plus violemment. De sorte que s’il restait quelque chose de rationnel à faire pour « les populations du monde », ce serait de combattre les pouvoirs publics et leurs décisions terribles.

Nul ne peut en vouloir à Riss d’arriver à la fin de cette histoire, mais il pourrait se renseigner sur ceux qui l’ont précédé, et qui bien avant sa naissance ont alerté contre les épouvantes auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés. Ceux-là, André Gorz (1923-2007), Bernard Charbonneau (1910-1996), ont par avance annoncé et caractérisé la position qu’il défend aujourd’hui : technofasciste, écofasciste. Voyez vous-même :

« Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option technofasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. » (André Gorz, Ecologie et liberté, 1977)

« En dépit des apparences, l’écofascisme a l’avenir pour lui, et il pourrait être aussi bien le fait d’un régime totalitaire de gauche que de droite sous la pression de la nécessité. En effet, les gouvernements seront de plus en plus contraints d’agir pour gérer des ressources et un espace qui se raréfient. Une comptabilité exhaustive enregistrera, avec tous les coûts, les biens autrefois gratuits qu’utilise l’industrie industrielle et touristique. La mer, le paysage et le silence deviendront des produits réglementés et fabriqués, payés comme tels. Et la répartition de ces biens essentiels sera réglé selon les cas par la loi du marché ou le rationnement que tempèrera l’inévitable marché noir. La préservation du taux d’oxygène nécessaire à la vie ne pourra être assurée qu’en sacrifiant cet autre fluide vital : la liberté. Mais, comme en temps de guerre, la défense du bien commun, de la terre, vaudra le sacrifice. Déjà l’action des écologistes a commencé à tisser ce filet de règlements assortis d’amendes et de prison qui protègera la nature contre son exploitation incontrôlée. Que faire d’autre ? Ce qui nous attend, comme pendant la dernière guerre totale, c’est probablement un mélange d’organisation technocratique et de retour à l’âge de pierre. » (Bernard Charbonneau, Le Feu vert, 1980, éd. Parangon pour l’édition 2009)

Ceci dit, on n’est pas spécialement querelleurs, on ne lance que des mots et on continuera à acheter Charlie Hebdo chaque semaine. La dernière fois qu’on a pris la peine de se mettre en rogne, c’était il y a 15 ans, à l’occasion d’un « reportage » calamiteux d’Antonio Fischetti, le chroniqueur scientifique de Charlie, sur les nanotechnologies à Grenoble. A (re)lire ci-dessous (et ici).

NOTES

(1) Cf. « La technocrature jette le masque », 14/07/21
(2) Voir l’excellent reportage de F. Nicolino sur la raffinerie de Donges dans le même numéro, avec les excellentes illustrations de Riss.
(3) Cf. « Leurs virus, nos morts », mars 2020

Contrainte numérique : des sénateurs lâchent le morceau

Nécrotechnologies.

par Pièces et main d’oeuvre.

Il ne s’agit pas d’un complot, mais d’un rapport sénatorial. De ces intenses cogitations à huis-clos qui tôt ou tard se transforment en lois et changent nos vies.
Les auteurs : Véronique Guillotin, médecin et sénatrice de Meurthe-et-Moselle (Mouvement radical), Christine Lavarde, ingénieur et sénatrice des Hauts-de-France (Les Républicains), René-Paul Savary, médecin et sénateur de la Marne (Les Républicains).
Le titre de ce rapport du 3 juin 2021 : « Sur les crises sanitaires et outils numériques : répondre avec efficacité pour retrouver nos libertés ».

Vous n’avez jamais rêvé d’être une petite souris dans les réunions internes des puissants, pour entendre ce qu’ils disent de nous et de leurs projets ? Ou bien d’avoir un logiciel espion Pegasus, puisqu’il paraît que « la technologie est neutre et tout dépend ce qu’on en fait » ? Voici un autre moyen, encore plus simple : lire les rapports parlementaires.
Celui-ci est terrifiant (mais on ne les lit pas tous), tant il exhibe de morgue véhémente chez nos biocrates et d’aspiration crue à la technocrature.
On résume : la crise étant le prétexte, saisissons l’occasion pour accélérer et renforcer des mutations en cours. De l’art pour la technocratie d’utiliser la pandémie pour forcer la voie à ses projets de rationalisation et de machination du monde.

Voici des extraits choisis :

* « Les perspectives ouvertes par le recours aux technologies numériques sont immenses, et la crise du Covid-19 n’a donné qu’un avant-goût des multiples cas d’usage possibles, à court, moyen ou long terme.
Alors que la pandémie de Covid-19 n’est pas terminée, et qu’il est probable que celle-ci ne soit ni la dernière, ni la plus forte, il serait irresponsable de ne pas se saisir de telles possibilités (…) les cas d’usage les plus évidents concernent le contrôle du respect des règles visant à limiter la transmission du virus (pass sanitaire, couvre-feu, confinements, quarantaines, etc.), qui implique de croiser trois types de données : données d’identification, données médicales, et données de localisation (des plus intrusives, avec le tracking GPS, aux plus légères et occasionnelles, avec l’accès conditionnel à certains lieux, en passant par les données de localisation relative avec le contact tracing). »

* A propos des pastilles d’iode distribuées aux riverains des installations nucléaires : « Grâce au numérique, il serait possible d’organiser des campagnes de rappel sur les smartphones, et surtout, en cas d’accident nucléaire, il serait possible de localiser sans délai toutes les personnes se trouvant dans la zone, et de leur porter assistance. »

* « Même s’ils sont rarement présentés comme tels, des dispositifs tels que le pass sanitaire ou le passeport sanitaire relèvent bien de la catégorie des outils contraignants, car ils conditionnent, de facto ou de jure selon les cas, l’accès à certains lieux et à certaines activités. (…) dans les situations de crise les plus extrêmes, les outils numériques pourraient permettre d’exercer un contrôle effectif, exhaustif et en temps réel du respect des restrictions par la population, assorti le cas échéant de sanctions dissuasives, et fondé sur une exploitation des données personnelles encore plus dérogatoire. »

* « Plus la menace sera grande, plus les sociétés seront prêtes à accepter des technologies intrusives, et des restrictions plus fortes à leurs libertés individuelles – et c’est logique. »

* « La crise actuelle nous donne déjà toutes les raisons de veiller à la protection de nos droits et libertés.
Mais elle nous donne aussi toutes les bonnes raisons de recourir davantage aux outils numériques, en conscience et en responsabilité – parce qu’ils sont potentiellement bien plus efficaces que les autres méthodes, parce qu’ils pourraient permettre de retrouver bien plus rapidement nos libertés « physiques », et parce que si nous ne le faisons pas, d’autres le feront pour nous. »

* (Regrettant le retard et le conservatisme français dans l’usage du numérique) : « cette sensibilité française est non seulement devenue coûteuse, en particulier face à une crise sanitaire, mais aussi mal placée :
 d’abord, parce que les atteintes éventuelles à nos libertés « numériques » ne doivent pas s’apprécier dans l’absolu mais au regard des atteintes autrement plus importantes portées à nos libertés « physiques », dans une logique de proportionnalité aujourd’hui mal comprise ;
 ensuite, parce qu’elle confond les fins (protéger les droits et libertés) et les moyens (interdire les croisements de fichiers).
Il faut être clair : pour la gestion d’une épidémie comme en général, il n’y a pas – et il n’y aura jamais – d’outils numériques efficaces sans utilisation des données, y compris personnelles. Progresser dans cette voie est un devoir. »

* « Ces dérives (NdR : liberticides) ne tiennent pas aux technologies elles-mêmes, elles tiennent à l’usage qui en est fait, à l’absence de contre-pouvoirs notamment, et aussi à des facteurs politiques et culturels. En lui-même, le progrès technique est neutre, porteur du pire comme du meilleur. Il n’est ni souhaitable, ni même possible, de l’entraver – et ce n’est certainement pas en laissant les régimes les moins démocratiques prendre une avance décisive en ce domaine, ou en abandonnant aux GAFA le soin de lutter contre les épidémies (et quoi d’autre demain ?), que nous pourrons défendre nos valeurs. »

* « Deuxièmement, tout ceci n’est pas le problème. Si une « dictature » sauve des vies pendant qu’une « démocratie » pleure ses morts, la bonne attitude n’est pas de se réfugier dans des positions de principe, mais de s’interroger sur les moyens concrets, à la fois techniques et juridiques, de concilier efficacité et respect de nos valeurs. »

* « Le présent rapport propose donc de recourir bien plus fortement aux outils numériques dans le cadre de la gestion des crises sanitaires ou des crises comparables (catastrophe naturelle, industrielle, etc.), notamment en vue de contrôler au niveau individuel le respect des mesures imposées par la situation, et y compris si cela implique d’exploiter des données de manière intrusive et dérogatoire. »

* « Le présent rapport propose donc non pas de collecter une multitude de données sensibles à l’utilité hypothétique, mais tout simplement de nous mettre en capacité de le faire, pour ainsi dire en appuyant sur un bouton, si jamais les circonstances devaient l’exiger.
Concrètement, cela implique de mettre en place une plateforme sécurisée spécifique, qui ne serait activée qu’en temps de crise. Celle-ci permettrait de centraliser les données nécessaires à la réponse des pouvoirs publics, permettant de faire remonter les informations immédiatement, et de les redistribuer ensuite aux acteurs concernés pour remplir leurs missions. »

Pour lire le rapport sénatorial complet :

Lire aussi :« La technocrature jette le masque »

La technocrature jette le masque

Vers un esprit sain dans un corps sain

Nécrotechnologies.

par Pièces et main d’oeuvre.

mercredi 14 juillet 2021 par Pièces et main d’œuvre

On se croyait seuls depuis lundi soir, dans le silence de l’été, comme tant d’autres sans doute, « abasourdis », « sidérés » par la « brutalité » du coup de force sanitaire du Chef d’En Marche, champion de la classe technocratique. Des messages de désarroi nous parvenaient de gens « pris par surprise », contraints d’annuler des événements, des réunions, des voyages, des vacances, contraints de subir des injections sous peine d’exclusion sociale, fichés, dénoncés à la vindicte officielle – celles de l’État et des forces qui le soutiennent, CSP +++ et Bac +++, de droite et de gauche « en même temps », bourgeois technocrates du Figaro et technocrates bourgeois du Monde. En attendant quoi ? D’être harcelés à domicile par les brigades sanitaires ? On se croyait seuls en voyant ce million de récalcitrants céder à la contrainte, souvent la rage au cœur, et se précipiter sur les sites de vaccination, à peine terminé le discours du Médecin-Président, afin d’éviter les représailles.

Mais aujourd’hui nous ne sommes plus seuls. Partout dans le pays, à Annecy, Toulon, Perpignan, Grenoble, Chambéry, Paris, Toulouse, Montpellier, Lyon, Marseille, Rouen, Nantes, Caen, Bastia, Avignon, Saint-Etienne, Lille, Bordeaux, La Rochelle, Douarnenez, Avignon, des manifestations spontanées, sans partis ni syndicats, ont scandé « Liberté ! ». A Grenoble comme ailleurs, les 200 manifestants repoussés par les forces de l’ordre de la place où avait lieu le défilé militaire, ont ainsi célébré dignement le sens de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

En annonçant l’obligation du « pass sanitaire » aux plus de 12 ans pour visiter les lieux culturels, les cafés-restaurants, les hôpitaux, les centres commerciaux et pour se déplacer en train ou en car, Emmanuel Macron relègue la France dans le cercle des pays qui font des droits fondamentaux la rançon de leur incompétence butée : Israël, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Pakistan sont les seuls à imposer un passeport sanitaire pour l’accès à certains lieux.
Le président français prévient déjà que « nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français », c’est-à-dire rejoindre le Tadjikistan, le Turkménistan et le Vatican. Ce n’est pas du Tintin, c’est notre futur proche.

Et ailleurs ? La cour constitutionnelle espagnole a retoqué l’obligation vaccinale en Galice, en raison de la « limitation des droits fondamentaux » que celle-ci impliquait. Angela Merkel a été catégorique : « Nous n’avons pas l’intention de suivre la voie que la France vient de proposer ». Le Conseil d’Europe a voté le 27 janvier 2021 une résolution – non contraignante juridiquement – préconisant de « s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est PAS obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement (voir ici). »

Gouverner, c’est mentir. Macron, fin avril 2021 : « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis (cf ici). »
La technocratie n’a pas plus de parole que de principes. La fin (l’efficacité et la puissance) justifie les moyens (la machination du monde et des hommes).
La méthode (« une incitation maximale », selon Gabriel Attal, la voix de son maître) rappelle, entre mille précédents, la suppression des cabines téléphoniques plaçant les réfractaires au téléphone portable devant un fait accompli intenable. Nulle loi ne vous oblige à acheter un portable, naturellement. On ne vous oblige pas, mais vous êtes obligés.

Depuis un an et demi, les barrières tombent. État d’urgence sanitaire ; gouvernement par décrets sur décisions à huis-clos du « conseil de défense sanitaire » ; atteintes à la législation nationale (autorisation de pose d’antennes-relais hors cadre règlementaire) et européenne (dérogation à certaines règles sur les essais cliniques et sur l’usage d’OGM pour les vaccins) ; atteinte au secret médical, création de fichiers de malades (SI-Dep), de cas contact (Contact Covid), de vaccinés (SI Vaccin Covid), intégrant des données personnelles de santé sans l’autorisation des personnes ; traque numérique via TousAntiCovid ; site « anti fake news » du gouvernement recommandant les médias officiels, sans oublier le déferlement des techniques manipulatoires du nudge, telle cette « autorisation de déplacement dérogatoire » assortie d’amendes.

Le mépris du peuple et de la démocratie est tel qu’entre mars 2020 et mars 2021, le Conseil d’État, saisi par des citoyens, des associations, des organisations professionnelles, a suspendu 51 mesures du gouvernement ou de collectivités locales. Interdiction de manifester, usage de drones par la police, de caméras thermiques dans les écoles, obligation de port du masque partout, interdiction de sorties des résidents d’Ehpad : si on les avait oubliées, ces décisions que le Conseil d’État a suspendues « pour préserver des libertés auxquelles il était porté une atteinte excessive » rappellent la pente sur laquelle la technocratie nous entraîne, dans sa volonté de tout contrôler, tout centraliser, tout asservir au primat de l’efficacité et de sa puissance.

Nul ne sait aujourd’hui comment le Conseil d’État jugera le projet de loi destiné à imposer la vaccination, sous le masque d’un « pass sanitaire » triant les bons et les mauvais citoyens. La Cnil elle-même, chambre d’enregistrement des atteintes aux libertés, s’émeut d’un risque « d’accoutumance » à ce tri. De fait, l’injonction à l’injection fonctionne. Entre les lamenti des représentants des cafés-restaurants et du monde de la culture, craignant pour leur chiffre d’affaires et les complications pratiques, plus d’un million de Français ont cédé en quelques heures. Les vacances, comme prévu, quitte à se plier à la contrainte. Qu’accepteront-ils la prochaine fois ?

Nous ne sommes pas contre la vaccination. Nous avons reçu notre lot d’injections depuis notre enfance et dans nos voyages. Et sans doute, la plupart des récalcitrants ne seraient pas opposés à la vaccination si l’industrie pharmaceutique et l’État qui la soutient n’avaient multiplié depuis des décennies ce qu’ils nomment des « scandales sanitaires », et qui sont en fait des crimes industriels (sang contaminé, Mediator, thalidomide, etc).

Nous sommes contre la contrainte, comme ce quadragénaire vacciné, qui refuse de présenter son « passeport » pour bénéficier d’un droit légitime. Ou comme cette patronne de bistrot, qui se fera vacciner « à contrecœur » mais pour qui « il est humainement impossible de refuser de servir un client, quel qu’il soit ». Que vaudra son humanité quand elle risquera 45 000 € d’amende et de la prison ferme ?

Les statisticiens et les organisateurs nous abreuvent de ratio « bénéfice/risque », quand nous, les humains, sentons que le recours à la vaccination relève d’un équilibre entre intimité et responsabilité, entre choix des modes de soin et solidarité collective, impliquant un rapport personnel à la maladie, à la mort et au vivant, et un regard critique sur la technoscience et l’industrie. Chacun doit y penser par lui-même et dans la confrontation des idées. La santé publique n’est pas le domaine réservé des biocrates.

Ainsi devrait-on discuter les causes des « maladies de civilisation » – de la civilisation industrielle – qui tuent infiniment plus que le coronavirus. Le Covid-19 a tué en France, à ce jour, 0,17 % de la population (111 000 personnes). Chaque année, le cancer tue 0,23 % des Français (plus de 150 000). L’État n’interdit ni les pesticides, ni les productions cancérigènes de l’industrie chimique et du nucléaire, ni les industries polluant l’air ; leurs industriels ne risquent ni la prison ni des amendes colossales. Il est plus facile de s’en prendre à des patrons de cafés ou de cinémas. La technocratie, dans sa folie de toute-puissance, détruit en même temps la nature et la liberté.

« Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; […] en un mot, rendez à la liberté individuelle tout ce qui n’appartient pas naturellement à l’autorité publique, et vous aurez laissé d’autant moins de prise à l’ambition et à l’arbitraire » (Robespierre, le 10 mai 1793).

Quand la voix de la Terreur elle-même nous met en garde contre l’ambition et l’arbitraire, nous avons quelques raisons de l’entendre. Nous savons que cette « crise sanitaire » constitue un exercice pour la technocratie dirigeante : toutes les contraintes instituées ne disparaîtront pas, elles seront aggravées avec chaque nouvelle crise (climatique, écologique, sociale, etc), de façon à lui fournir un confort de pilotage maximal.

Nous en appelons à tous pour maintenir nos engagements, nos réunions, notre vie civique, sociale, culturelle, de façon paisible et déterminée. Nous ne devons pas perdre ce que nos aïeux ont gagné en 1789.
Refusons le chantage et l’intimidation.
Renforçons notre immunité individuelle et collective, luttons contre le virus de la contrainte.

Pièces et main d’œuvre
Grenopolis, 14 juillet 2021

Le parti technologiste : tant de rivaux pour un projet unique

Nécrotechnologies

par Renart

Déclaration d’intérêt – Renart n’a pas pris part aux votes des élections départementales et régionales des 20 et 27 juin 2021 ; de même, il n’a ni pleuré ni salué la défaite de l’équipe de France en huitième de finale de l’Euro.

Les taux d’abstention sont-ils indexés sur les subventions aux industries automobile et électrique ? Autrement dit : à quoi bon user de son droit de vote quand les candidats sont d’accord sur le « projet de société » : la croissance, la puissance et l’emploi techno-industriels. Ainsi, E. Macron et X. Bertrand, concurrents aux prochaines Présidentielles, se bousculent pour s’attribuer leur commune victoire : la construction d’une deuxième usine de batteries pour voitures électriques dans les Hauts-de-France. Tous les candidats aux Régionales, vainqueur (Bertrand) et vaincus (K. Delli, S. Chenu) soutenaient également le projet. Le nouvel hémicycle régional sera unanime sur l’essentiel : le seul horizon possible des plaines de l’Aisne aux côtes de la Mer du nord, c’est celui de la zone industrielle.

L’Europe s’apprête à accueillir ses quatre premières usines de batteries pour voitures électriques. Deux en Allemagne et deux en Hauts-de-France, à trente kilomètres d’écart : à Douvrin et maintenant Douai. On reconnaît un argument électoral de prime importance aux stratégies de communication qui l’entourent. Ne souhaitant pas interférer dans la campagne régionale, l’Élysée devait repousser son annonce après les élections. Mais Xavier Bertrand, candidat à sa réélection dans les Hauts-de-France, claironne sur Twitter qu’il a « obtenu » une deuxième usine de batteries automobiles dès le 24 juin, quatre jours avant le vote. La ministre de l’industrie Agnès Pannier-Runacher, par ailleurs ancienne directrice « Recherche & Développement » de l’équipementier automobile Faurecia, s’empresse de préciser que ce projet est « intégralement porté par L’État [1] ». Qui de bonnes nouvelles apporte, frappe hardiment à la porte, dit le proverbe.

Le lendemain matin d’une abstention électorale historique (65 %), le président de la République et Xavier Bertrand célèbrent à Douai leur « victoire » commune. Et les concurrents à la présidentielle de souligner leurs investissements respectifs : l’État devrait apporter 200 millions d’euros et la Région 35 millions – l’industriel chinois Envision prévoyant deux milliards. L’abstention de la veille n’est déjà plus qu’un souvenir. Ou bien espèrent-ils raviver la flamme républicaine des électeurs avec des promesses d’embauche, de gigawatts, et de bagnoles sur les routes : 1 000 emplois, 9 gigawatts heures et 400 000 Renault électriques par an à partir de 2024. Car voilà du lourd, du concret. Des milliards et des emplois arrachés par des politiciens qui mouillent la chemise et se retroussent les manches. Qui va critiquer ce que tout le monde est censé attendre d’un Chef d’État techno-industriel ? Pas les nouveaux élus du Conseil régional, qu’ils soient dans l’opposition ou la majorité.

Plus de plus

Sébastien Chenu, le candidat local du Rassemblement national, dénonçait chez ses concurrents l’attitude « spectatrice passive de la désindustrialisation » et promettait de faire de « la réindustrialisation la première des priorités » [2]. Une seconde usine de batteries de voitures est donc pour lui une bonne nouvelle.

Pour l’Union de la gauche et des écologistes rassemblée derrière la verte Karima Delli, nostalgique d’une ville prétendument « riche d’un passé industriel fastueux » (Roubaix, sa ville de naissance), « Le temps est venu de s’absoudre d’un passé dévitalisé par la désindustrialisation. [3] » Si la gauche considère encore que la région souffre de la désindustrialisation plutôt que de l’industrie elle-même, de ses nuisances passées et futures, son programme est logiquement industrialiste : vélos électriques, trains à hydrogène, fret ferroviaire, éoliennes tant que le permet l’opinion publique, canal Seine-Nord, et bien évidemment : voitures électriques. L’opposition de la gauche et des écologistes à Xavier Bertrand n’a donc qu’à applaudir les deux usines automobiles annoncées.

Quand bien même la liste du candidat LREM, le déjà oublié Laurent Pietraszewski avec ses cinq ministres co-listiers, aurait eu quelques strapontins dans l’hémicycle régional, on se demande quelles différences fondamentales il aurait pu faire valoir. Son « Plan de réindustrialisation » s’égrène ainsi : vélos électriques, trains et bus à hydrogène, fret ferroviaire, éoliennes tant que le permet l’opinion publique, canal Seine-Nord, et bien évidemment : voitures électriques.

Plus de moins

Si l’abstention est un marqueur de classe (80 % dans les communes pauvres), le vote est un marqueur d’adhésion à un projet hégémonique depuis le Second Empire. Partageant une même volonté de puissance industrielle, les candidats ne se distinguent plus que sur les moyens de cette puissance. Le débat sur l’éolien, notamment sur le projet offshore d’EDF-Dunkerque, en fut le révélateur. Le nouvel hémicycle régional nous en promet d’autres, aussi passionnés et passionnants, sur la dose de participation publique aux investissements industriels, sur la gestion publique ou privée (des TER par exemple), si ce n’est coopérative (l’éolien), de telle ou telle entreprise. Et surtout, surtout, sur l’inclusion des chômeurs, femmes et « minorités », à tous les échelons de la hiérarchie industrielle, eu égard à leurs « compétences » et diplômes.

L’urgence n’est pas de savoir comment déplacer les conteneurs de marchandises et d’humains, mais pourquoi en déplacer toujours plus. L’urgence écologique ne réclame pas de remplacer tel moyen de transport par tel autre, ou telle énergie fossile par telle autre prétendument « alternative », mais de discuter des effets et des fins de notre passage sur Terre. Quand la classe technocratique bourre les urnes de considérations superflues, l’essentiel se discute hors des bureaux de vote.

Renart
https://chez.renart.info/?Le-parti-technologiste-tant-de-rivaux-pour-un-projet-unique

PS : en politique comme en foot, on n’est pas toujours obligé de prendre parti. Qu’on soutienne telle équipe ou telle autre, que les supporters soient racistes ou anti-racistes, que les joueurs mettent ou non un genou à terre, le vainqueur est toujours la Foot-Industry ; et tous, supporters, sportifs, fédérations, sponsors, industriels de l’hôtellerie, du soda, du BTP, de l’audiovisuel, du sportswear, des paris en ligne ou de l’aéronautique défendront leur business au Mondial 2022 dans une techno-théocratie, esclavagiste, misogyne, criminelle (déjà 6 500 morts sur les chantiers du Mondial) et financière du djihadisme.

Notes

[1] La Voix du nord, 26 juin 2021.

[2] France Culture, 11 mai 2021.

[3] « Pour le climat, pour l’emploi », Programme de l’Union de la Gauche et des écologistes en Hauts-de-France aux Régionales 2021.

Annulation de la Fête de l’autogestion de Châteaulin (29)

Faits divers.

par Pièces et main d’oeuvre.

La Fête de l’autogestion organisée par la CNT 29 (Finistère) devait avoir lieu le 3 juillet 2021 à Châteaulin. Elle n’aura pas lieu.

Voici le communiqué que nous avons reçu de l’Union départementale de la CNT 29 :

« Juin 2020 : la fête de l’autogestion est annulée à cause de restrictions des libertés publiques imposées par l’état.
Juin 2021 : la fête de l’autogestion est annulée à cause de restrictions des libertés publiques imposées par… le petit milieu militant du Finistère.

Le STAF-CNT 29 annule la fête de l’autogestion prévue initialement le 3 juillet 2021. Nous prenons cette décision afin que cessent des polémiques usantes et vaines concernant le groupe invité, PMO, qui devait intervenir sur le sujet « Biopolitique et société de contrôle ». Des prises de position de ce groupe dans certains domaines prêtent à discussion et à controverse, bien que cela ne soit pas le sujet sur lequel nous le faisions intervenir. Nous en sommes conscients.

Toutefois la possibilité de débattre sereinement est rendue impossible par la posture de quelques personnes ou organisations.

Le STAF-CNT 29 refuse que la fête de l’autogestion soit prise en otage par quelques-uns
Le STAF-CNT 29 refuse que des invités fassent l’objet d’oukases d’un autre temps ou typiques des agissements de groupes politiques autoritaires.
Le STAF-CNT 29 ne peut pas supporter l’attitude paternaliste, très XIXe, de certains groupes pseudo-amis.
Le STAF-CNT 29 préfère donc annuler la tenue d’une manifestation dont les valeurs libertaires sont menacées par des attitudes sectaires. »

***

Bonjour à tous les compagnons de la CNT Finistère,

Nous sommes désolés des pressions, harcèlements et intimidations dont vous avez été la cible en raison de notre venue.

On vous laisse déterminer entre vous si les groupes et les individus qui se sont livrés à cette campagne d¹usure et de menaces méritent le nom d’anarchistes, quoi que ce nom, comme nous le savons tous, ait subi bien des avanies depuis qu’il a été forgé.
Pour ce qui nous concerne, nous y voyons surtout une entreprise de prise de pouvoir à l¹intérieur du mouvement anarchiste, par un courant que vous caractérisez à juste titre comme « autoritaire et sectaire », et qui instaure une sorte de bolchevisme sous pavillon libertaire.

Mais peut-être s’agit-il simplement d’abrutis. Et comme dit Schiller, « contre la bêtise, Dieu même ne peut rien ». Nous qui ne croyons ni à Dieu ni à Diable, nous voilà réduits à la simple expression face à cette bêtise à front de taureau. Il n’est donc pas question d’y renoncer et nous continuerons à user de cette liberté d’expression que nous nous donnons, pour tâcher de décrire au mieux le monde dans lequel nous vivons, et voir avec nos pareils (écolos, naturiens, anti-industriels, décroissants, luddites, etc) si nous y pouvons quelque chose plutôt que rien.

On s’y met tout-de-suite.

On espère que l’occasion se présentera de débattre ensemble de vive voix.
Merci d’avoir essayé.

A une autre fois.

Chaleureusement,
Pièces et main d’œuvre
Grenoble, 21 juin 2021

Le Droit à l’oncle

Nécrotechnologies.

par Anselm Jappe.

Si vous n’avez pas le temps de lire Alertez les bébés ! Objections aux progrès de l’eugénisme et de l’artificialisation de l’espèce humaine, ni Le Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme (toujours en vente), vous pouvez lire le fidèle résumé qu’en fait Anselm Jappe, théoricien reconnu de la critique de la valeur et bloggeur sur Médiapart (ici ).

Blague à part, c’est une sorte d’événement que sept ans après nos alertes contre La Reproduction artificielle de l’humain, un authentique anti-capitaliste rejoigne publiquement notre critique, quitte à nous rejoindre également sur les listes noires des petites meutes techno-progressistes. Vous verrez que, à ce rythme, un François Ruffin qui vient de se découvrir une hostilité « métaphysique » au progrès, ou l’anti-capitaliste Hervé Kempf et ses « collaborateur-ice-s » pro-PMA de Reporterre, finiront par rallier l’écologie radicale et anti-industrielle avant 2050.

Lire aussi :
- Parution de Alertez les bébés ! Objections aux progrès de l’eugénisme et de l’artificialisation de l’espèce humaine

- 10 thèses sur la reproduction artificielle de l’humain

Dressons les antennes

Nécrotechnologies.

par Coda Nera.

Un appel italien contre la 5G et la numérisation de nos vies

Nous avons reçu du collectif italien Coda Nera (« Queue noire ») un appel à « résister au réseau 5G, à la digitalisation et à la médicalisation de nos vies ».
Comme nos amis sont aimables, ils ont poussé la prévenance jusqu’à publier une version française de leur texte, dont certaines tournures ajoutent au charme de la lecture (voir ici).

Il s’agit en outre d’un texte posé et assez exhaustif quant aux griefs que nous pouvons avoir contre le monde-machine, dont l’avènement s’accélère à la faveur de la pandémie de Covid-19.

***

Dressons les antennes
Ce sont des temps difficiles. Vous vous demandez peut-être quand ça allait mieux. Si nous relisons de nombreux textes, affiches ou écrits divers du milieu du XIXe siècle à nos jours, parus dans des cercles radicaux qui ont contesté le statu quo, nous trouverons des phrases telles que “il n’y a plus de temps à perdre”, “maintenant ou jamais”, “on ne peut plus attendre”, “la catastrophe est imminente”, “cela va changer nos vies à jamais” et ainsi de suite.
Or, une personne malicieuse pourrait dire : “Écoutez, cela fait presque deux siècles que vous nous embêtez et nous sommes toujours là, sains et saufs, nous vivons dans l’époque la plus démocratique de l’histoire, certes tout n’est pas parfait mais c’est le meilleur des mondes possibles”.

Il faut l’admettre, ce genre de réflexions sont rassurantes et font apprécier toutes les belles commodités de notre civilisation moderne, assis sur le canapé et soupirant : “Mais oui, au fond ce n’est pas si mal”. Il nous faudra secouer cette inertie pour parler de l’énième “quelque chose” qui changera nos vies à jamais : 5G, digitalisation et médicalisation de la société globale, toutes choses qui vont ensemble, surtout les deux premières. (…)

« Nous souhaitons une enquête sur les origines de la pandémie de Covid-19 approfondie et crédible »

Service compris.

par 26 scientifiques internationaux.

Ce 4 mars 2021, 26 scientifiques et journalistes internationaux publient une tribune dans le Wall Street Journal (voir ici), et dans Le Monde, qui reprend en termes diplomatiques toutes les interrogations et suspicions que nous avons nous-mêmes exprimées depuis un an sur l’événement déclencheur de l’épidémie de Covid-19. La cause primaire étant bien entendu l’intrusion et les dévastations de la société industrielle dans les moindres recoins de nature.

Ce que ces experts et spécialistes disent entre les lignes, c’est la forte probabilité d’une fuite accidentelle de laboratoire, et l’interdiction par la technocrature chinoise de toute véritable enquête sur les faits.

Lire aussi :

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Un virus d’origine scientifreak ?

Le virus à venir et le retour à l’anormal

Leurs virus, nos morts