27 septembre (Paris) : Assises de Technologos

Les 27 et 28 septembre 2019, l’association Technologos organise à Paris ses assises sur le thème : « Technique débridée, politique étouffé ? »

Intervention de Pièces et main d’œuvre le vendredi 27 dans la matinée : « La machine à gouverner ».

Lieu : Institut de paléontologie humaine
1 rue René Panhard, Paris 13e

Programme complet : Technologos

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Les animaux dénaturés

Peut-être avez-vous lu la fable de Vercors publié en 1952, Les animaux dénaturés. Des anthropologues ont découvert le chaînon manquant entre le singe et l’homme : le « Paranthropus », ou « tropi ». Pour contraindre un tribunal à décider s’il s’agit davantage d’hommes que d’animaux, l’un des anthropologues tue le fils qu’il a conçu avec une femelle tropie.

Cependant que nous, aoûtiens, paressons dans nos transats, les généticiens sont en passe d’actualiser cette fable : le Japon vient d’autoriser la production d’embryons chimériques d’animaux-humains à des fins d’expérimentation. (…)

Lire la suite : Animaux dénaturés

Le Japon autorise la création d’embryons hybrides humains-animaux

D’après cet article de la revue Nature, le 30 juillet 2019 le Japon a donné l’autorisation à un chercheur de créer des embryons hybrides d’animaux-humains. L’objectif est de créer des embryons de rats et de souris (puis de cochons) contenant des cellules souches humaines et de les implanter dans l’utérus de femelles animales.

Jusqu’ici, le Japon imposait la destruction de ces chimères après 14 jours. Les chercheurs vont désormais pouvoir les développer, afin de produire des organes implantables à des humains en attente de greffe.

Aux Etats-Unis, des chercheurs ont fabriqué un embryon d’homme-mouton en 2018, détruit après 28 jours. La France interdit ce genre de pratique, jusqu’à une prochaine révision des lois de bioéthique, bien sûr.

Japan approves first human-animal embryo experiments

Du « transidentitaire » à l’enfant-machine : entretien avec Fabien Ollier

A l’occasion de la parution de son livre, L’Homme artefact. Indistinction des sexes et fabrique des enfants (Editions QS ?) voici un entretien avec Fabien Ollier, précédé de rappels et considérations sur le sujet.

Fabien Ollier publie des ouvrages de critique de l’idéologie sportive (entre autres) depuis 20 ans. Il dirige les éditions Quel Sport ? et suit de près toutes les métamorphoses du corps-marché à l’ère technologique.

Ouvrir le document :  Entretien avec Fabien Ollier

Lire aussi : Retour ligne manuel
- Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme, Pièces et main d’oeuvre (Editions Service compris, 2017) ; Retour ligne manuel
- Reproduction artificielle « pour toutes » : le stade infantile du transhumanisme Retour ligne manuel
- Ceci n’est pas une femme (à propos des tordus « queer ») Retour ligne manuel
- La reproduction artificielle de l’humain

Cédric Villani à Grenoble : l’intelligence artificielle de La République en Marche

Il fallait Cédric Villani à la Maison du Tourisme pour tirer de chez eux des Grenoblois écrasés par 39° de canicule, ce jeudi 27 juin 2019. La réunion, intitulée « Intelligence artificielle et transition écologique : paradoxe ou opportunité ? », était organisée par deux députés locaux de La République en Marche, Emilie Chalas et Olivier Véran. Ambiance de fan club, smartphones à bout de bras, rires et applaudissements à chaque allusion politicienne, bruyante réprobation de toute critique. Nous n’étions pourtant que trois Chimpanzés du futur à contester le mathématicien député Villani, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et auteur d’un rapport sur la stratégie nationale en intelligence artificielle « pour repositionner la France et l’Europe au premier plan de ces transformations et en saisir les opportunités ».

(…)

Pour lire la suite, ouvrir le document : Villani à Grenoble

Question à ceux qui veulent une « loi sur la PMA »

Puissance Plume nous a envoyé ses réflexions sur la reproduction artificielle et le vote prochain des nouvelles « lois de bioéthique ».

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La « loi sur la bioéthique » devrait être présentée en Conseil des Ministres avant l’été, puis devant l’assemblée « multinationales » pendant les vacances en juillet [1]. Aux promoteurs de cette loi, qu’est-ce que vous allez faire, personnellement, pour empêcher  l’avènement de cette société transhumaniste à qui – sans le vouloir peut-être – vous faites la courte échelle ?

Cette loi vise à débloquer des finances pour favoriser des « recherches sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires », des « examens génétiques et médecine génomique », des « dons et transplantations d’organes », des « neurosciences », des « données de santé », de « l’intelligence artificielle et robotisation », de la « Santé et environnement », des innovations sur le thème « Procréation et société », et enfin de « l’accompagnement de fin de vie ». Tout ceci est expliqué dans le rapport rendu par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en septembre 2018 [2].

On ne parle que de la PMA [3] dans les journaux. Expliqué dans le chapitre « Procréation et société » du rapport du CCNE, il s’agirait d’étendre cette technique actuellement réservée aux couples hétérosexuels infertiles à toutes les femmes célibataires ou en couple.
C’est en vrai un nouveau marché qui s’ouvre aux entreprises diverses : banques de sperme, banques d’ovules, techniques de dépistage et de manipulation génétique, techniques de big data, techniques de manipulation d’embryons humains, etc.

Avec cette loi, utiliser la technique PMA deviendrait non plus un ultime recours quand on a tout essayé, mais un véritable choix de vie, qui tend à se rationaliser, s’enrichir, se décliner à l’infini, se banaliser, comme on choisit un appartement, un salon, un fond d’écran de smartphone. J’exagère ?

C’est exactement comme le téléphone portable. Ce gadget nous a été présenté il y a vingt cinq ans pour sauver des vies en montagnes, pour aider des gens atteint de handicap. Derrière cet écran de bons sentiments, loin des médias, Motorola, Alcatel, Orange, Nokia, Ericsson, Apple développaient les techniques de manipulation des cerveaux pour rendre ces objets absolument indispensables à tout adolescent, tout salarié, tout citoyen connecté 2.0 à sa Matrice. C’est fait : nul adolescent ne peut plus être socialisé sans ce gadget dans la main ; et bientôt nul ne pourra plus circuler sans sa puce unique et identifiable par tous les services de Police interconnectés.

De même avec la PMA : la loi vise à favoriser les « professionnels » selon leurs attentes [4], tout en gardant un œil sur l’éthique. OK. Mais pour qu’une entreprise vive, il lui faut un marché. Pour qu’elle survive en milieu capitaliste, il lui faut même une croissance ! C’est pourquoi il ne pourra pas y avoir d’autre développement que par attirance personnelle, comme avec le téléphone portable : les entreprises et les services publics rivaliseront d’invention pour attirer de nouveaux clients à leurs techniques de procréation assistées. Chacun ira de sa petite touche de personnalisation. Petit à petit. L’État, la science et le capitalisme travaillent ensemble, de concert [5].

Pas mal de gens accordent du crédit à ma perception de cette société de consommation détestable, dont la trajectoire est transhumaniste. Mais ils objectent que si l’on autorise la PMA aux couples hétérosexuels infertiles, alors il faut l’autoriser aux autres gens en difficulté.

Je comprend bien qu’il y a des gens dont la trajectoire n’est pas la mienne ; moi je suis hétérosexuel ayant eu des enfants naturellement. Il y a des gens qui ont besoin de déconstruire les codes sexistes de cette société, certains changent de sexe par choix. Je n’ai pas à me faire juge : je les accepte sans contrepartie. Si ces gens veulent avoir des bébés avec des techniques artificielles par choix, pourquoi pas ? Mais qui va payer cette envie de transgresser les lois de la nature par des high-tech ? Moi ?

Mon problème, c’est qu’à l’heure actuelle, telle que la situation se présente, avec les forces capitalistes en présence, avec l’expérience des autres phénomènes techno-libéraux totalitaires déjà implantés mondialement, je ne vois pas comment la société totalitaire transhumaniste pourrait être empêchée en prenant la voie tracée par cette «loi sur la bioéthique ». Regardons un peu dans le rétroviseur : maintenant qu’il est impossible pour un adolescent de vivre en société sans un gadget de téléphone portable, il est trop tard pour discuter la légalisation des antennes relais ; et pourtant elles posent un problème de santé publique majeur [6]. Alors tant qu’il est temps de discuter de la légalisation de la PMA comme un choix qu’on peut faire financer par les autres, alors j’en discute.

Toute notre société occidentale est conduite par l’envie de jouer à Dieu, l’envie de posséder la toute puissance. La procréation par technologies est à mes yeux la poursuite intégrale de cette société. Favoriser la banalisation de cette technologie c’est pour moi favoriser la trajectoire de cette société de consommation à outrance qui nie la qualité, le sensible, la diversité. Elle est un processus de mort, comme la bombe atomique, qui passe pourtant encore pour un acte libérateur dans les médias de masse !

Bref, nous sommes à un tournant. J’ai un choix à faire. Il n’est pas facile. Je dois affronter mes peurs, mes angoisses de me faire des ennemis haineux parmi la communauté LGBT. J’ai peur des réactions haineuses certes. Mais j’ai bien réfléchi. Je veux continuer à réfléchir. Si l’égalité de traitement (résumé dans le slogan « PMA pour toutes et tous ») devait être le dernier argument, alors je me déclarerais opposé à la PMA en général : plus personne n’est remboursé et on recause de cette technique une fois qu’on a démonté le système capitaliste qui s’oppose à la Vie sur terre.

Je pense que nous n’avons pas fini de nous demander comment l’extermination de masse avait pu se mettre en place dans l’Allemagne de 1939 [7]. Tous ceux qui administraient ce système ont répondu « j’ai obéi aux ordres ». Mais une seule personne tout en haut de la chaîne ne peut pas avoir à lui seul obtenu un tel résultat. C’est donc forcément des démissions individuelles en cascade qui en sont responsables. C’est pourquoi je demande à ceux qui veulent tout ce qu’il y a dans cette « loi sur la bioéthique » : si vous ne voulez pas cette société transhumaniste totalitaire [8], qu’est-ce que vous allez faire concrètement vous pour l’empêcher ?

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[1] Voir la communication gouvernementale du 8 mars Bioéthique et PMA : le projet de loi en Conseil des ministres « avant l’été » (Buzyn) confirmée le 16 mai PMA : Philippe confirme un projet de loi “avant les vacances d’été” qui faisait suite à celle du 4 mars Loi bioéthique : l’exécutif veut « prendre le temps »

[2] Voir le rapport rendu par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en septembre 2018

[3] PMA : Procréation Médicalement Assistée ; auparavant AMP : Assistance Médicale à la Procréation.

[4] C’est documenté par le CCNE : par exemple les « professionnels » veulent un DPI (Diagnostic Pré-Implantatoire) c’est-à-dire qu’on leur payerait l’établissement de la liste des gènes des embryons, pour que les patients puissent choisir sur des critères rationnels et objectifs : éviter les maladie génétiques, puis ensuite il y aura la couleur des yeux, et puis le reste suivra, selon la rationalité du transhumanisme galopant.

[5] les auteurs là-dessus sont tellement nombreux… Je ne citerai que deux noms : Jacques Ellul et Bernard Charbonneau

[6] Voir les associations Robin des Toits et PRIARTEM

[7] Voir l’indispensable travail de Jean-Marc Royer dans « le monde comme projet Manhattan ».

[8] Sur ce thème, lire l’incontournable compilation des faits de PMO : « Manifeste des chimpanzés du futur »