Les Chimpanzés du futur au festival « L’avenir au naturel » de l’Albenc (Isère)

Ce samedi 3 septembre 2017, le festival « bio écolo » de l’Albenc accueillait une conférence intitulée « Transhumanisme, posthumain : de quoi parle-t-on et pourquoi maintenant », présentée par un certain Yves Gimbert.

Le programme présentait ainsi le conférencier : « Chercheur au CNRS, impliqué dans la diffusion des connaissances scientifiques auprès du grand public, donne régulièrement des conférences sur des avancées scientifiques qui font débat dans les domaines de la chimie, de la biologie. Ancien administrateur de la Fondation Sciences citoyennes. »

Sans doute faute de place, les organisateurs avaient omis de préciser qu’Yves Gimbert, chercheur à l’Université Joseph Fourier de Grenoble, est en outre membre du conseil scientifique de la société Global Bioenergies. Cette société, créée par le techno-furieux Philippe Marlière, est spécialisée dans la vente de produits issus de la biologie synthétique. C’est-à-dire, dans la dévoration de la biomasse par des bactéries artificielles, afin de produire des nécrocarburants notamment. (Pour tout savoir, voir nos enquêtes : Un malfaiteur de l’humanité : Philippe Marlière et les aliens de demain ; Alerte à la biologie de synthèse et aux aliens de demain ; et le film « La Révolte des Chimpanzés du futur »).

Vissé derrière son ordinateur, Yves Gimbert déroule un exposé essentiellement technique dont l’idée principale est la suivante : le transhumanisme est une alter-religion dont Google est l’église, et ses chercheurs le clergé.

Pas un mot sur l’histoire du projet transhumaniste et son essence eugéniste dès le XIXe siècle, sur sa filiation nazie, sur l’objectif de produire une nouvelle race de Seigneurs « augmentés » et de se débarrasser des Chimpanzés du futur (la sous-humanité ordinaire). L’enjeu de cette conférence est de formater et circonscrire la critique, de manière à éluder l’implication de l’ensemble des chercheurs des « technologies convergentes » (nanotechnologies, biotechnologies, informatique, neurotechnologies), et à couper l’herbe sous le pied aux opposants en réservant à l’expertise scientifique le privilège de sa propre régulation. Ainsi, les chercheurs en intelligence artificielle les plus actifs lancent ces temps-ci de pseudo-alertes sur les conséquences de leurs propres travaux : c’est ce qu’on appelle la « science citoyenne ».

Trois Chimpanzés du futur ont perturbé cette démonstration, interpellant le conférencier sur sa propre contribution à l’artificialisation du monde, distribuant des tracts, recueillant la gratitude d’une large partie du public.

Les organisateurs ont annoncé une nouvelle conférence sur le même thème du même orateur l’an prochain. Ce n’était donc pas une erreur de programmation.

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